Cela fait maintenant six mois et demi que je suis en Chine donc à peine deux semaines de plus que la dernière fois où j'ai dit "cela fait maintenant". Cependant il s'est passé beaucoup de choses
pour moi pendant ces deux dernières semaines : je suis rentrée de Shanghai, j'ai rendu mon appartement à Xi'an, déménagé à Wuhan, recommencé les cours de go, revu et rencontré plein de gens.
Enfin "plein"...
Le problème c'est que je ne sais pas parler chinois et que même si ce n'était pas le cas, je n'ai pas vraiment le temps ni l'occasion de rencontrer des jeunes chinois de plus de 12 ans >_< Donc mon monde se résume à cinq personnes, ce que j’appellerai communemment "plein de gens".
En octobre dernier, je vivais avec trois garçons et une fille : Pierre, Dylan, Andrew et Angela, la traductrice. Cette cohabitation n'a duré que deux semaines mais je me souviens avoir pleuré lors du départ d'Andrew (le premier à partir) ^^ Début novembre, j'étais seule avec Yan Laoshi. Deuxième moitié de novembre, j'ai vécu avec cinq garcons (pas pendant les deux mois vu qu'il y a eu des allers et venues) maximum : Omar, Markus, Pal, Ulf et Martin. En décembre, j'ai vécu seule deux semaines à Xi'an. Mi décembre, Thibault m'a rejoint pour un mois. Fin janvier, Julien est venu habiter chez moi un peu après l'arrivée à Xi'an de Charles et Eric. Vers mi février, tout le monde s'en va sauf Charles. Jusqu'à fin mars, Charles et moi restons seuls à Xi'an d'où notre exil à Shanghai où nous pouvons enfin parler à quelqu'un d'autre : Magali et Arnaud.
Les rencontres sont fugaces donc il faut vite créer des liens et potentiellement tout aussi vite s'en défaire, mais c'est comme ça.
A Paris, c'est extremement rare que je me sente seule. Même quand tous mes amis sont en province, quand mon téléphone n'a plus de batterie, quand il n'y a pas cours ou quand je n'y vais pas, il y a toujours la rue, les cafés et les librairies ^^ Il y a les conversations des autres et surtout les vieilles qui me parlent dans le bus (les vieilles me parlent toujours dans le bus !). Dans le pire des cas, il y a le journal de 13h sur TF1 qui te présente chaque jour une nouvelle race de vache parce que les guerres tout ça, on s'en fout un peu. Même avec ça, je crois que je me sentirai moins seule... bizarrement ^^
Le problème c'est que je ne sais pas parler chinois et que même si ce n'était pas le cas, je n'ai pas vraiment le temps ni l'occasion de rencontrer des jeunes chinois de plus de 12 ans >_< Donc mon monde se résume à cinq personnes, ce que j’appellerai communemment "plein de gens".
En octobre dernier, je vivais avec trois garçons et une fille : Pierre, Dylan, Andrew et Angela, la traductrice. Cette cohabitation n'a duré que deux semaines mais je me souviens avoir pleuré lors du départ d'Andrew (le premier à partir) ^^ Début novembre, j'étais seule avec Yan Laoshi. Deuxième moitié de novembre, j'ai vécu avec cinq garcons (pas pendant les deux mois vu qu'il y a eu des allers et venues) maximum : Omar, Markus, Pal, Ulf et Martin. En décembre, j'ai vécu seule deux semaines à Xi'an. Mi décembre, Thibault m'a rejoint pour un mois. Fin janvier, Julien est venu habiter chez moi un peu après l'arrivée à Xi'an de Charles et Eric. Vers mi février, tout le monde s'en va sauf Charles. Jusqu'à fin mars, Charles et moi restons seuls à Xi'an d'où notre exil à Shanghai où nous pouvons enfin parler à quelqu'un d'autre : Magali et Arnaud.
Les rencontres sont fugaces donc il faut vite créer des liens et potentiellement tout aussi vite s'en défaire, mais c'est comme ça.
A Paris, c'est extremement rare que je me sente seule. Même quand tous mes amis sont en province, quand mon téléphone n'a plus de batterie, quand il n'y a pas cours ou quand je n'y vais pas, il y a toujours la rue, les cafés et les librairies ^^ Il y a les conversations des autres et surtout les vieilles qui me parlent dans le bus (les vieilles me parlent toujours dans le bus !). Dans le pire des cas, il y a le journal de 13h sur TF1 qui te présente chaque jour une nouvelle race de vache parce que les guerres tout ça, on s'en fout un peu. Même avec ça, je crois que je me sentirai moins seule... bizarrement ^^
Mais ici... Mon monde se résume à cinq personnes, Yan Laoshi et le go. Je travaille pour progresser au go. Je dis à Yan Laoshi d'attacher sa ceinture quand on prend la voiture. Donc
logiquement, je devrais aussi faire quelque chose pour ces cinq personnes, pour mes cinq personnes ^^
Je participe aux jeux de Lucas, j'essaye de résoudre ses devinettes, je l'aide à tenir ses comptes du nombre de "crude move" que chacun a fait durant sa partie et lui prête mon compte
mégaupload pour qu'il puisse télécharger ses Hikaru no go.
J'essaye de comprendre ce que Simon me dit, et une fois sur deux je ris sans comprendre. Je ne pouvais pas décemment lui faire répeter une troisième fois ! ^^
Je dis "bonjour" et "aurevoir" à Thomas... Je n'ai pas encore eu l'occasion de faire plus ample connaissance, désolée...
Charles et moi avons passé bien trop de temps ensemble à Xi'an, donc j'essaye d'être là sans être là. Avec lui, je marche sur des oeufs.
Et avec Eric...
En deux semaines, j'ai déjà réussi à me créer des problèmes avec quelques unes de mes cinq personnes. Maintenant, c'est difficile de rester naturelle car je ne veux plus que mon petit monde s'écroule. Il faut faire des compromis, ils faut vivre ensemble et il faut que cela se passe bien. Maintenant, je ne me sens plus tellement différente du petit poisson jaune dans son petit aquarium et ses cinq amis les petits poissons rouges. C'est petit, c'est fermé et ce n'est pas facultatif.
C'est dans ces moments là, je me dis que "plein de gens", c'est finalement bien peu de gens.
J'essaye de comprendre ce que Simon me dit, et une fois sur deux je ris sans comprendre. Je ne pouvais pas décemment lui faire répeter une troisième fois ! ^^
Je dis "bonjour" et "aurevoir" à Thomas... Je n'ai pas encore eu l'occasion de faire plus ample connaissance, désolée...
Charles et moi avons passé bien trop de temps ensemble à Xi'an, donc j'essaye d'être là sans être là. Avec lui, je marche sur des oeufs.
Et avec Eric...
En deux semaines, j'ai déjà réussi à me créer des problèmes avec quelques unes de mes cinq personnes. Maintenant, c'est difficile de rester naturelle car je ne veux plus que mon petit monde s'écroule. Il faut faire des compromis, ils faut vivre ensemble et il faut que cela se passe bien. Maintenant, je ne me sens plus tellement différente du petit poisson jaune dans son petit aquarium et ses cinq amis les petits poissons rouges. C'est petit, c'est fermé et ce n'est pas facultatif.
C'est dans ces moments là, je me dis que "plein de gens", c'est finalement bien peu de gens.
par Camille
publié dans :
Vie à Wuhan 2


