1/6. Mon résultat au tournoi de Paris, qui a eu lieu ce week end.
Techniquement, ce serait plutot 1/5, car je ne suis pas venue à la première ronde. J'avais prévenu depuis longtemps, mais il y a eu un bug dans le système... Mon adversaire m'a donc attendue en vain. Je n'ai même pas envie de contester cette "défaite par forfait" car je ne peux pas m'empecher de me dire que c'est de ma faute. "J'aurais du leur rappeler" "J'aurais du appeler pour vérifier que tout ce passait bien"... J'aurais du... Des fois, je me dis que je suis un peu masochiste sur les bords ^^ Par exemple, ma moyenne générale baisse car j'ai trop d'absences aux cours. Si certains viennent toujours justifier leurs absences par "mon chien est mort" "ma soeur était malade" "j'étais chez le médecin", de mon côté je ne fais jamais de réclamation car :
1. J'ai été absente, donc je suis en torT
2. J'ai la flemme d'aller voir l'inspecteur
Donc j'ai envie de garder ma défaite, c'est la mienne, j'y tiens. J'étais absente donc en torT, et j'ai fait attendre une joueuse étrangère qui n'a jamais pu jouer sa première ronde. Perdre, c'est la moindre des choses que je puisse faire !
2eme ronde. J'ai gagné. Je n'étais pas fatiguée. Je pensais au go. Donc j'ai gagné.
Trouvez le groupe mort...Dimanche, 2ème jour. 3ème et 4ème ronde. J'ai perdu.
Lundi, 3ème jour. 5ème et 6ème ronde. J'ai perdu.

Qui c'est qui rampe sur toutes les 2èmes lignes ? C'est moaa !!!!
Ca ce sont les faits. J'ai perdu, c'est la vie. Mais mon problème, c'est que je n'ai pas perdu ces parties (enfin si, mais that's not the point). J'ai juste perdu.
J'ai perdu mon calme, j'ai perdu confiance, j'ai perdu la tête. J'ai perdu la foi, j'ai perdu la raison, j'ai perdu pied. J'ai perdu contre moi même.
Ca semble idiot, mais après chaque partie perdue, je suis partie pleurer. Mon coeur se serrait et les larmes coulaient toutes seules. Dans ma tête défilaient des pensées telles que "le keima aurait suffit" "j'étais en avance" "j'ai été trop arrogante" "je n'ai pas assez réfléchi". Et les larmes coulaient. En même temps, j'avais honte de ce sentiment, j'avais honte de ne pas accepter la défaite. Généralement, ça ne durait pas très longtemps. Peut-être 15 à 20 min. Mais pendant ce court laps de temps, je ne pouvais pas parler, je ne pouvais pas sourire, je ne pouvais pas distraire. Pendant ce court laps de temps, j'étais Black Camille. Hard core. Je sais ^^
J'ai tout perdu... ou presque...
Avant le tournoi de Paris, je n'ai participé qu'à deux tournois : le tournoi de Versailles il y a plus d'un an et le Meijin C la même année. J'ai détesté. C'est comme si chaque tournoi donc chaque possibilité de défaite incarnait la laideur de mon âme. Je sais c'est cru, mais c'est comme ça que je me voyais à l'époque. En plus, pas de bol, j'ai un orgueil surdéveloppé (genre le méchant super boss de fin). Après chaque tournoi, je mettais plusieurs jours à me remettre...
Mais cette fois-ci c'était différent. Après m'être énormement déshydratée dans un coin secret, je marchait jusqu'à La Salle (niveau : quelques dan et plus si possibilité ^^). Je reperais la table où il y avait le plus de spectateurs, et je me faufilais. Et je ne regardais pas la partie ^^ Honnetement, je n'ai regardé aucune partie de La Salle, je m'en foutais. Je venais, et je regardais les joueurs, leur visage, leurs mains. Il y avait tellement de gens ! Le parquet grince à chaque respiration, on entend des gloussements, quelqu'un bouscule un des joueurs de la table d'à côté. Mais si on fixe les joueurs... On peut imaginer le silence, leur silence. Parfois un bourdonnement qui dit "je n'avais pas prévu ce coup" "ne te laisse pas entrainer" "je suis en retard". Quelqu'un tousse. Il lève la tête et nos regards se croisent un instant. Je fais partie de ce monde...
J'ai à nouveau envie de me battre. Bon, maintenant je récupererais bien les kifus des parties, mais sur le coup... sur le coup je m'en foutais (mais d'une force !).
Après, je retournais dans la grande salle (sans majuscule, je me mélange à la plèbe ^^) retrouver mes amis. Ils avaient gagnés (ou pas), ils souriaient. Les ventres gargouillaient, allons manger.
De gauche à droite : ???, moi, Fan Hui, Julien Payrat (Bob Lapin)
Tibo et moiJe perdrai encore. Je serai aussi probablement triste. Mais je veux jouer. Je veux me regarder dans ce miroir et accepter ce que j'y vois.
"_ Tu sais, ce sera très dur au début.
_ De quoi ?
_ La Chine.
_ ... Je sais... "
Je baisse les yeux et je souris.
Je veux que ce soit difficile, je veux me battre, je veux grandir, je veux gagner.
par Camille
publié dans :
Avant mon départ
par Camille
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Avant mon départ
Souvent, on me demande dans quelle entreprise je vais travailler quand je serai en Chine. Oui parce que pour la plupart des élèves de l'ESTP (mon école...), une année de césure = une année de travail dans une entreprise. Alors je répond que je vais jouer au go.
Il y a encore 2 ans, on m'aurait répondu "au quoi ?". Maintenant ça va mieux, les gens en ont entendu parler soit grace au manga Hikaru No Go (pour les gens de ma génération), soit par le livre de Sa Shan, La Joueuse de Go (pour les gens cultivés... :)).
Par contre, le fait qu'ils connaissent n'implique pas qu'ils comprennent. En même temps, je peux concevoir que partir un an en Chine pour jouer à Othello (c'est souvent comme ça qu'ils le voient) paraisse exagéré. Mais que pense les joueurs de go ? MMmm, ils sont plus proches de la réalité c'est sur, mais ce n'est pas encore ça.
Evidemment, les joueurs de go comprennent les tenants et aboutissants. Ils comprennent que cela va être une expérience extraordinaire, que je vais rencontrer des gens fabuleux, apprendre à parler chinois et devenir très forte (enfin, tout est relatif).
Mais ce ne sont toujours pas les raisons pour lesquelles je veux partir. Alors pourquoi ?
Pour comprendre, il faut remonter à 4 ans. Je vous passe les détails barbants mais à cette époque, je n'étais pas au mieux de ma forme. Je n'avais pas de passion particulière, j'étais en prépa, je ne savais pas pourquoi j'y étais... plus d'autres soucis divers et variés ^^ Au lycée, j'avais appris à jouer au go mais n'avais pas accroché (n'est ce pas Tibo ? ^^). Et comme je ne suis pas sportive (je suis une larve !), je me suis dit : "et puis pourquoi pas reprendre le go".
C'est donc par hasard que je me suis mise à jouer. Je suis allée dans un club, j'ai rencontré les gens qu'il fallait au moment où il fallait ^^ Chaque jeudi, jour de go, était pour moi un jour de grande joie. Si au début je jouais au go comme au monopoly, c'est-à-dire sans m'investir plus que ça (vous vous investissez au monopoly ? Ah désolée, toute mes condoléances...), je me suis rendue compte que ça m'appaisait. Les mois passants, je me suis aussi rendue compte que je jouais moins bien quand j'étais déprimée ou énervée (je dis "les mois passants" car au début on ne sait même pas quand on a perdu ou gagné ^^).
En gros, le go et moi étions étroitement liés. Non je ne fais pas partie d'une secte et non je ne parle pas aux arbres ! ^^ Ce que je veux dire, c'est que le jeu reflétait mon état d'esprit, et que mon état d'esprit influait sur le jeu. Non ce n'est pas la même chose :) Bref, c'est comme si j'avais réussi à insuffler ma personnalité avec le fameux kit "doute-peur-colère" dans quelque chose de matériel, donc de controlable, de domptable.
Cela fait maintenant 4 ans que je joue au go et je suis maintenant convaincue de ça. Le go a accompagné mes joies et mes peines : dans les moments où je n'allais pas bien, ça m'est arrivé de renverser un goban ou de balayer les pierres du plateau ! Oui, j'ai honte...
Je pars donc pour devenir quelqu'un de meilleur (ouais ouais ça va ! Arrêtez de rigoler les gars). Sincèrement, je pense que si je m'en vais seule, dans un pays inconnu, pour travailler quelque chose qui n'a absolument aucun rapport avec mon avenir, ma carrière, mes diplomes ou je ne sais quoi encore, alors je vais gagner beaucoup de choses qui n'ont pas de prix. J'aurais vécu quelque chose d'extraordinaire, j'aurais aussi souffert parfois. J'aurais quelque chose dans ma vie que personne d'autre n'aurait. J'aurais confiance en moi. J'aurais plus de contrôle... Je ne sais pas si c'est clair ^^
Bref... ça va changer ma vie ^^
Pour finir sur une note moins flippante (oui, je sais que ça surprend la première fois... Mais je suis folle :)), une photo de moi au club de go
Il y a encore 2 ans, on m'aurait répondu "au quoi ?". Maintenant ça va mieux, les gens en ont entendu parler soit grace au manga Hikaru No Go (pour les gens de ma génération), soit par le livre de Sa Shan, La Joueuse de Go (pour les gens cultivés... :)).
Par contre, le fait qu'ils connaissent n'implique pas qu'ils comprennent. En même temps, je peux concevoir que partir un an en Chine pour jouer à Othello (c'est souvent comme ça qu'ils le voient) paraisse exagéré. Mais que pense les joueurs de go ? MMmm, ils sont plus proches de la réalité c'est sur, mais ce n'est pas encore ça.
Evidemment, les joueurs de go comprennent les tenants et aboutissants. Ils comprennent que cela va être une expérience extraordinaire, que je vais rencontrer des gens fabuleux, apprendre à parler chinois et devenir très forte (enfin, tout est relatif).
Mais ce ne sont toujours pas les raisons pour lesquelles je veux partir. Alors pourquoi ?
Pour comprendre, il faut remonter à 4 ans. Je vous passe les détails barbants mais à cette époque, je n'étais pas au mieux de ma forme. Je n'avais pas de passion particulière, j'étais en prépa, je ne savais pas pourquoi j'y étais... plus d'autres soucis divers et variés ^^ Au lycée, j'avais appris à jouer au go mais n'avais pas accroché (n'est ce pas Tibo ? ^^). Et comme je ne suis pas sportive (je suis une larve !), je me suis dit : "et puis pourquoi pas reprendre le go".
C'est donc par hasard que je me suis mise à jouer. Je suis allée dans un club, j'ai rencontré les gens qu'il fallait au moment où il fallait ^^ Chaque jeudi, jour de go, était pour moi un jour de grande joie. Si au début je jouais au go comme au monopoly, c'est-à-dire sans m'investir plus que ça (vous vous investissez au monopoly ? Ah désolée, toute mes condoléances...), je me suis rendue compte que ça m'appaisait. Les mois passants, je me suis aussi rendue compte que je jouais moins bien quand j'étais déprimée ou énervée (je dis "les mois passants" car au début on ne sait même pas quand on a perdu ou gagné ^^).
En gros, le go et moi étions étroitement liés. Non je ne fais pas partie d'une secte et non je ne parle pas aux arbres ! ^^ Ce que je veux dire, c'est que le jeu reflétait mon état d'esprit, et que mon état d'esprit influait sur le jeu. Non ce n'est pas la même chose :) Bref, c'est comme si j'avais réussi à insuffler ma personnalité avec le fameux kit "doute-peur-colère" dans quelque chose de matériel, donc de controlable, de domptable.
Cela fait maintenant 4 ans que je joue au go et je suis maintenant convaincue de ça. Le go a accompagné mes joies et mes peines : dans les moments où je n'allais pas bien, ça m'est arrivé de renverser un goban ou de balayer les pierres du plateau ! Oui, j'ai honte...
Je pars donc pour devenir quelqu'un de meilleur (ouais ouais ça va ! Arrêtez de rigoler les gars). Sincèrement, je pense que si je m'en vais seule, dans un pays inconnu, pour travailler quelque chose qui n'a absolument aucun rapport avec mon avenir, ma carrière, mes diplomes ou je ne sais quoi encore, alors je vais gagner beaucoup de choses qui n'ont pas de prix. J'aurais vécu quelque chose d'extraordinaire, j'aurais aussi souffert parfois. J'aurais quelque chose dans ma vie que personne d'autre n'aurait. J'aurais confiance en moi. J'aurais plus de contrôle... Je ne sais pas si c'est clair ^^
Bref... ça va changer ma vie ^^
Pour finir sur une note moins flippante (oui, je sais que ça surprend la première fois... Mais je suis folle :)), une photo de moi au club de go
par Camille
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Avant mon départ
Hier j'ai fait connaissance avec une étudiante chinoise de ma promo. En fait, elle est à l'école depuis déjà au moins un mois, mais je n'étais jamais allée lui parler parce que... Bonne question ^^ En tout cas, j'ai pu effectuer mon test n°2 sur un vrai chinois (le test n°1 était aussi sur un vrai chinois, mais un peu français quand même. Elle, c'est autre chose. Elle révise quand même son vocabulaire d'anglais avec un colonne en anglais et une colonne en caractère chinois... Oui normal, mais ça fait mal la première fois ^^)
Bref... Je lui ai parlé de mon projet, et je me suis galéré pour lui dire que j'allais jouer au go. C'est là que tu comprends l'importance des tons !!!! D'ailleurs, quelqu'un pourrait me dire quels sont les tons de "weiqi" ? Parce que mimer le jeu de go, c'est pas ce qu'il y de plus évident pour se faire comprendre ! Heureusement pour bibi, j'avais une pierre dans ma poche ^^
Donc finalement j'ai pu apprendre à dire "go" en chinois, mais aussi "je suis vietnamienne" ^^ Next step : je suis franco-vietnamienne ! On est pas sorti de l'auberge...
Fin de notre conversation laborieuse. Elle me demande si j'ai un prénom vietnamien. Malheureusement non, je n'ai pas de 2ème prénom tout court... Sob sob sob... Elle me dit alors : "Tu peux choisir un prénom chinois".
Trop cool ^^ Trouvez-moi un prénom chinois ^^
Bref... Je lui ai parlé de mon projet, et je me suis galéré pour lui dire que j'allais jouer au go. C'est là que tu comprends l'importance des tons !!!! D'ailleurs, quelqu'un pourrait me dire quels sont les tons de "weiqi" ? Parce que mimer le jeu de go, c'est pas ce qu'il y de plus évident pour se faire comprendre ! Heureusement pour bibi, j'avais une pierre dans ma poche ^^
Donc finalement j'ai pu apprendre à dire "go" en chinois, mais aussi "je suis vietnamienne" ^^ Next step : je suis franco-vietnamienne ! On est pas sorti de l'auberge...
Fin de notre conversation laborieuse. Elle me demande si j'ai un prénom vietnamien. Malheureusement non, je n'ai pas de 2ème prénom tout court... Sob sob sob... Elle me dit alors : "Tu peux choisir un prénom chinois".
Trop cool ^^ Trouvez-moi un prénom chinois ^^
par Camille
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